Jeudi 6 mars 2008 4 06 /03 /Mars /2008 07:31

undefined Fabrication de la tire d'érable (sucettes en sirop d'érable bouilli, refroidi sur la neige et enroulé autour de bouts de bois) à la cabane à sucre de l'Association franco-yukonnaise. L'esprit du Québec est au Yukon!

La capitale de Whitehorse a beau n'habriter que 22.000 âmes, les événements culturels et autres festivités ne manquent pas par ici. Il y a deux semaines, le Rendez-Vous festival (http://www.yukonrendezvous.com/) a transformé toutes mes collègues en danseuses de french cancan... De nombreuses animations se sont déroulées pendant tout le festival: jeté de tronçonneuse: le but est de la rattraper, apparemment jamais personne ne gagne; le concours de tir de luge pesante par des chiens, concours de la femme la plus poilue (il faut bien rester au chaud en hiver!). Bref, ça change un peu des stands habituels de pulls péruviens et de pipes à eau que l'on peut trouver sur les festivals français!

En ce moment se déroule le festival du film "Available light" (http://www.yukonfilmsociety.com/alff/alff.html), dont la programmation m'a l'air plutôt pointue, assortie de workshops sur la recherche documentairepréparatoire à la production d'un documentaire, ou encore des tables rondes sur des sujets tels que la création des documentaires personnels et sociaux.

Plus "couleur locale", la soirée "Burning away the winter blues" (http://www.burningawaythewinterblues.com), le 22 mars. On va faire un grand feu au bord de la rivière, dans lequel sera brûlée une marionnette géante effrayante représentant la grisaille mentale de l'hiver, ainsique tous les petits coups de blues que chacun aura écrit sur des bouts de papiers pour les faire disparaître dans les flammes. D'ailleurs, vous pouvez écrire vos coups de blues sur le site dont j'ai donné l'adresse, on les brûlera pour vous! C'est un peu notre carnaval à nous...

Pour fuir toute cette animation épuisante :o) nous avons loué une cabine le week-end dernier sur Marsh Lake, ouaip, ça fait bien envie... Il faut dire que le décallage entre l'animation de l'auberge (on a une belle brochette de petites françaises en ce moment) et le silence d'une petite cabine en bois est assez saisissant. Un jour peut-être...

Par Stephanie Chevalier - Publié dans : Culture et communauté
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /Fév /2008 21:28

undefined Arrivée de Lance Mackey, vainqueur de la Yukon Quest - Photo: Sebastian Altenberger

La Yukon
Quest (www.yukonquest.com), course de traîneaux à chiens de 1000 miles (1600 km) entre Fairbanks (Alaska) et Whitehorse (Yukon) dont je vous avais déjà un peu parlé, s’est déroulée ces deux dernières semaines. Les arrivées des participants à Whitehorse se sont  étalées entre mercredi et samedi soir.

Hier soir, nous nous sommes donc rendus au banquet final de la Quest, où avait lieu la remise de prix. Depuis que je suis arrivée au Yukon, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de côtoyer des mushers et leurs chiens, de découvrir petit à petit ce milieu encore plus restreint que le monde des musiques actuelles en France. Mais hier soir, les 15 mushers ayant terminé la Quest qui sont montés sur l’estrade nous ont vraiment fait toucher du bout du doigts ce que le traîneau à chiens représente pour eux, et la grande aventure qu’est cette course en solitaire au milieu des grandes étendues du Nord. Tous ont remercié leurs familles ou proches pour les supporter dans leur « folie », leur amour parfois excessif pour ces bêtes qui leur permettent de vivre de telles expéditions.
 

Vous verriez Lance Mackey (www.mackeyscomebackkennel.com), 37 ans, gagnant pour la quatrième fois consécutive de la Quest, il semble peser 40 kg tout mouillé, a vaincu un cancer de la gorge en 2001, mais il s’envole avec ses chiens! Car le secret ne réside pas tant dans la force physique de ces hommes et femmes, mais bien dans la complicité qu’ils créent avec leurs chiens, dans la façon dont ils les élèvent, et dont ils s’occupent et aiment ces bêtes.

Pour ceux qui me connaissent bien, je n’ai jamais été une grande fanatique de nos amis les animaux domestiques. Mais là, il s’agit d’autre chose, les chiens sont les partenaires des hommes dans cette quête de sensation dans les grands espaces. Ce ne sont pas juste ces bébêtes juste bonnes à donner des léchouilles à maman. J’ai déjà entendu plusieurs sceptiques plaindre ces pauvres bêtes attachées toute l’année, qui manquent de câlins, qu’on force à tirer des traîneaux. Chers amis, je vous défie de venir sur une course de traîneaux à chiens, et de me montrer un seul chien malheureux qui semblerait préférer un coin de feu à sa mission de chien de traîneau. Ces animaux sont en transe, prêts à donner bien plus qu’on leur demande, ils sont nés pour parcourir le grand Nord!

J’ai été marquée également par la place des femmes dans la Quest. Déjà il y a quelques semaines, lors d’une course sur laquelle j’avais donné un coup de main, j’avais noté qu’il y avait plus de femmes en compétition que d’hommes. Sur la Quest, quatre femmes ont terminé la course sur 15 finalistes, dont Michelle Philips, qui a fini en quatrième position. Très concrètement, participer à la Quest veut dire parcourir en solitaire 1600 km de terres sauvages sur 10 à 14 jours, par -50, avec des haltes dans les « check points », où les attendent leurs handlers (homme ou femme de main) pour nourrir et masser les chiens, où les mushers pourront manger et dormir quelques heures et se réchauffer avant de reprendre la route. Alors vous comprendrez l’immense respect que j’ai pour ces femmes, qui ont entre 25 et 41 ans, et ont vaincu les forces naturelles pour arriver jusqu’à la ligne d’arrivée. La plus jeune d’entre elles, Kyla Boivin, est arrivée juste à temps pour nous livrer un touchant poème au banquet. Une autre femme a gagné l’admiration de tous, c’est Marie-Claude Dufresne, 25 ans, la compagne et handler de Jean-Denis Britten (notre musher francophone!), qui l’a accompagné et aidé durant toute la course avec son petit bonhomme de 1 an dans le dos.

Les compagnons et compagnes ont de manière générale une place primordiale dans l’accomplissement des rêves des mushers, que ce soit en terme de soutien moral qu’en terme de temps consacré à les aider. L’un d’entre eux, William Pinkham, a profité de sa remise de prix pour demander sa douce en mariage. Séquence émotion…

Bref, pendant que ces aventuriers des temps modernes réalisaient leur rêve au milieu des étendues glacées, j’étais installée bien au chaud dans mon bureau. Il n’empêche qu’hier soir ils m’en ont donné un bout, de leurs rêves et de leurs émotions. Et je les en remercie grandement!

Par Stephanie Chevalier - Publié dans : Culture et communauté
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Jeudi 21 février 2008 4 21 /02 /Fév /2008 07:41
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C'est drôle, il a vraiment fallu que je m'installe au Canada pour prendre conscience de ce que voulait dire ce terme, francophonie. Comme dit précédemment, je prends un cours sur la francophonie au Yukon, et je mesure petit à petit l'importance que les francophones attribuent à leur langue lorsqu'ils sont minoritaires sur un territoire, comme c'est le cas au Yukon (environ 1 200 francophones pour une population de 32 000 habitants).

En effet, s'ils n'avaient pas cette virulence à faire valoir leurs droits depuis le début des années 80, il n'existerait pas tous ces services aujourd'hui accessibles en français à Whitehorse:
- association franco-yukonnaise incluant des services culture, développement économique, emploi, immigration,
- garderie,
- école, dans laquelle les jeunes peuvent mantenant faire leur scolarité du primaire jusqu'à la fin du secondaire (équivalent niveau baccalauréat),
- journal francophone yukonnais, etc...

Il existe plusieurs endroits à travers l'Amérique du Nord, Canada mais surtout États-Unis, où sont se sont installées des groupes francophones à une époque où le Québec ne disposait pas de richesses suffisantes pour garder "tous ses enfants", et plusieurs générations après, on retrouve encore des noms francophones dans ces zones, mais la langue française n'y est plus, ni la culture qui allait avec.

Dans des interviews de personnalités du Yukon que nous avons visionées ce soir, à la question de ce que signifiait pour eux la francophonie, tous les parents ont été unanimes sur le fait que la francophonie avait pris tout son sens pour eux lorsqu'ils avaient eu des enfants, cette volonté de transmettre une langue, une façon de penser, une culture spécifique, à leurs descendants, bien que vivant sur un territoire majoritairement anglophone. Cette continuité, savoir que leurs enfants continueraient à parler la même langue que leurs propres parents utilisaient.

Moi, je crois que j'ai commencé à aimer le français à Lille, où plusieurs artistes que j'ai eu la chance de côtoyer aimaient à s'exprimer dans la angue de Molière, et d'une belle façon, alors qu''à Orléans je venais d'un milieu qui prônait l'anglais à tout prix, en réaction à la loi Toubon qui avait instauré la loi sur les quotas de musique francophone.

Je suis venue au Canada notamment parce que j'aime l'anglais, que j'ai appris jeune, et je voulais pouvoir vivre cette langue aussi intensément que je vis la langue française, et les cultures qui vont avec. Et finalement, je me retrouve en ce moment à prendre des cours de composition anglaise aussi bien que des cours sur la francophonie, sans compter les cours d'orthographe française à venir le mois prochain... Tout ça pour dire que je profite non seulement d'une plus grande utilisation de l'anglais, mais j'apprends dans le même temps à aimer un peu plus ma langue maternelle.
Par Stephanie Chevalier - Publié dans : Culture et communauté
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Vendredi 15 février 2008 5 15 /02 /Fév /2008 06:28



Youhou, j'ai enfin reçu mon permis de travail pour prolonger mon séjour! C'est que ça soulage ce genre de nouvelles, mine de rien! Maman, je t'aime, mais je n'avais pas specialement envie de revenir à la maison quelques mois en attendant mes papiers!

A part ça le temps est un peu fou, et du coup nous avec. Nous sommes passés de -42 a +2 degrés celsius en trois jours sur Whitehorse, et mine de rien ça travaille sur l'organisme. En plus le Chinook est passé par ici hier, un vent doux, venant du sud, qui donne mal au crâne du fait du changement de pression.

Donc depuis quelques jours, nous sommes passés dans les temperatures positives, et ce n'est pas pour plaire à tout le monde, tout simplement parce que ça fait fondre la neige, qui est notre meilleur ami de l'hiver pour les sports de plein-air! Et lorsque la neige fond, ça se transforme tres vite en une patinoire à travers la ville, c'est un bon éxercice d'adresse... Hier balade en raquettes avec deux collègues, du côté de Haines Junction, heureusement qu'il faisait doux, parce que le vent valait bien celui qu'on peut côtoyer sur les côtes de la mer du Nord, par chez vous je veux dire! 

Pour changer de la pluie et du beau temps, je prends actuellement un cours sur la francophonie au Yukon, en plus de mon cours de composition anglaise. C'est vraiment intéressant de voir que les francophones du Canada ont acquis des droits progressivement, et assez tard (la charte de la langue francaise date de 1969, alors que la présence du français est aussi vieille que la présence de l'anglais dans le pays). Ces droits ont été acquis suite à des procès intentés par les francophones demandant d'être servis en français, dans différents domaines, et parce que le gouvernement fédéral a octroyé des droits a la communaute anglophone minoritaire au Québec, et ne pouvait que donner ces mêmes droits aux communautés francophones minoritaires du Canada hors Quebec. Si vous voulez en savoir un peu plus, vous pouvez lire ce texte, tres digeste, de l'Universite de Laval: www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/francophonie.htm.

Et au fait je suis preneuse de toutes infos de belles nouveautés musicales! Les amis de l'Astrolabe, ayez une petite pensée pour moi lors du passage de Pauline Croze, j'aurais bien aimé la voir, cette demoiselle!

Bonne semaine à tous,

 

Par Stephanie Chevalier - Publié dans : Ma p'tite vie
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Lundi 11 février 2008 1 11 /02 /Fév /2008 02:06
Raquettes / snowshoeing, Fish Lake, janvier 2008

Hello,

Bienvenue sur mon nouveau blog sédentaire! Comme vous pourrez le constater, le classement géographique des photos a fait place à des thématiques, histoire de varier les plaisirs et de s'adapter à ce que je voudrais partager avec vous.

Le mois de janvier au Yukon a filé à toute allure, et les semaines de boulot ont laissé place à des week-ends bien remplis d'activités de plein-air, et de repos obligatoire dû aux températures assez extrêmes ces dernières semaines, entre -40 et -45 degrés celsius. Et le froid, croyez-moi, ça fatigue, j'en ai fait l'expérience... Mon organisme de Lilloise n'est pas bien habituée à tout ça, il faut donc s'adapter, prévoir des siestes après le moindre exercice physique, et ma foi on s'y fait plutôt bien! Inutile de vous dire qu'on ressemble tous à des gangsters dans ces conditions, il n'y a que les yeux qui sont à peu près visibles, le reste étant bien emmitouflé dans des couches et des surcouches de vêtements bien chauds. On arrive à peine à distinguer si les gens qu'on crois nous sourient ou pas! Ça donne l'impression de vivre un peu dans une bulle, les oreilles étant bien couvertes aussi on n'entend pas grand chose.

Je me laisse surprendre par des petites choses aussi, comme la clé qu'on prend au fond de sa poche les mains nues, et qui brûle¸, cette poignée de porte qui fait le même effet, car oui le froid brûle comme le chaud, la glace qui rentre dans les maisons par les moindres trous dans les murs, ou à travers les portes, c'est surprenant! La nuit nous ouvrons la fenêtre de la chambre, et la température ne change presque pas de la nuit, étant donné qu'il y a environ 60 degrés de différence entre l'intérieur et l'extérieur, la pression est telle qu'il n'y a presque pas d'échange d'air. J'ai l'impression d'être comme une gamine qui découvre la vie avec tout ça!

Le travail à l'association franco-yukonnaise est vraiment intéressant, il me permet de découvrir de multiples aspects de la société canadienne, ses institutions, ses entreprises... Et l'ambiance est des plus agréables, j'ai la chance d'avoir échangé une chouette directrice contre une autre chouette directrice, il doit y avoir un truc avec les rousses : o )

Les week-ends de janvier ont été placés sous le signe du chien, entre mes après-midis de skijoring (
http://www.skijoring.com/) avec Wendy et ses chiens Eiry et Wilson, et un coup de mains donné sur une course de chiens de traineau, à accompagner les équipes vers la ligne de départ. Il y a quelque chose dans ces courses qui me rappelle étrangement les concerts, cette tension qui monte jusqu'à ce que les chiens puissent partir, comme un groupe qui finalement nous livre ses premiers riffs de guitare. Je sais où la puiser mon adrénaline! Ces chiens qui sont de plus en plus excités à l'approche du départ, c'est d'une incroyable intensité, on a l'impression qu'ils explosent litéralement lorsqu'on les lâche!

Nous avons également aidé Simi, une amie musher de Sebastian, dans la préparation de son départ pour la Yukon Quest de 300 miles (la grande Yukon Quest est de 1000 miles, soit 1600 km, mais il existe une alternative plus courte). Nous l'avons notamment aidée à amener tous ses chiens au vet' check, le contrôle vétérinaire des chiens participant à la course, afin de vérifier qu'ils sont tous en bon état pour concourir. Ils ne sont pas plus fiers que les jeunes gars qui devaient passer à la visite médicale pour l'armée, la queue entre les jambes... La semaine précédente, les mushers (conducteurs de traîneaux à neige tiré par un attelage de chien) avaient déposé toutes leurs victuailles ainsi que celles de leurs chiens aux bureaux de la Yukon Quest, qui se charge de déposer tout ça aux différents points de ravitaillement sur l'itinéraire de la course. À la fin de cette journée-là, Wendy nous a invités à venir fêter ça (c'est l'étape qui marque la fin des préparatifs pour les mushers, avant de départ), en compagnie de plusieurs participants à la course. Certains en sont à leur 5ème course, d'autres font leur première cette année, après en avoir rêvé pendant des années... Imaginez, parcourir 1600 km au milieu des forêts et lacs, par des températures avoisinant les -50, oui c'est intense, et surtout ça ne s'improvise pas, ça demande des années d'entrainement, la constitution d'une équipe de chiens suffisamment entraînée et solide, effectivement ce sont des années de préparation avant de pouvoir tenter sa chance!

La course a démarré hier de Fairbanks, en Alaska, et devrait arriver à Whitehorse dans environ deux semaines. Le camion de Simi a cassé sa pipe avant même d'arriver à la frontière avec l'alaska, elle n'a donc malheureusement pas pu prendre part au départ. Espérons qu'elle pourra tenter sa chance l'an prochain!

Nos skis de skating ne glissant pas correctement sur la neige en-dessous de -20 degrés, Nous avons bien profité de nos raquettes ces trois derniers week-ends, en compagnie de nos amis. Car il fait très froid, mais le ciel est d'un bleu intense accompagné d'un soleil aveuglant, c'est plus qu'agréable dans la neige profonde! Et on voit vraiment les journées s'allongent chaque jour un peu plus, tout va en accéléré, c'est vraiment étrange.

J'ai également commencé un cours de composition anglaise au Yukon College, un cours sur la francophonie au Yukon à l'association franco-yukonnaise, et l'apprentissage du tricot avec Jenanne, une amie d'Edmonton qui étudie les langues autochtones, qui est de nouveau à l'auberge pour un mois (elle y a déjà vécu en septembre et octobre dernier), qui m'a fabriqué un magnifique bonnet.

Qui a dit qu'on risquait de s'ennuyer à la campagne? Pas moi!
Par Stephanie Chevalier - Publié dans : Ma p'tite vie
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La vie au grand air d'une citadine en transition

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